Harold
Klemp
Chef spirituel d'Eckankar
P.O. Box 2730
Minneapolis, Minnesota 55427 Etats-Unis
juillet 2003
Objet : Lettre ouverte à Harold Klemp
Cher Harold,
Il
me semble tout naturel de vous envoyer l'un des premiers exemplaires
de mon nouveau livre, Confessions of a God Seeker: A Journey to
Higher Consciousness (Confessions d'un chercheur de Dieu :
voyage vers une conscience supérieure). J'ai écrit
ce livre après une période d'étude intensive du
Shariyat, que vous m'aviez recommandée en tant que discipline
personnelle et afin de rester actif au sein d'Eckankar. Ce livre a vu
le jour à la suite de votre étude critique des expériences
spirituelles d'un Eckiste, consignées dans un journal que je
vous ai envoyé voilà plus d'un an. Les autres maîtres
et vous-même avez rejeté les expériences spirituelles
de ce chela, ce qui m'avait plutôt étonné. Je ne
comprenais pas en quoi mes expériences intérieures et
celles d'autres Eckistes pouvaient être considérées
comme différentes des siennes. Je dirais même que si ses
expériences étaient le fruit du Kal, ainsi que vous l'avez
dit, les nôtres pourraient également être décrites
de la même manière. En dépit de votre réaction,
je me suis lancé dans cette discipline avec l'intention de faire
tout le nécessaire pour comprendre la leçon spirituelle
qu'elle devait m'apporter.
Comme
je vous l'ai dit dans les lettres que je vous ai envoyées au
fil des ans, j'avais décidé de consacrer ma vie au service
spirituel d'Eckankar. Pendant trente ans, il m'est arrivé de
travailler directement avec vous. J'ai également voyagé
et pris la parole devant autant de personnes que tous les autres membres
d'Eckankar. Mon dévouement, ma foi et mon amour pour cet enseignement
étaient tels que j'étais tout à fait disposé
à continuer à le servir ainsi aussi longtemps que je le
pourrais. Pendant cette période de discipline, j'ai également
essayé de concilier votre réaction vis-à-vis du
journal des expériences spirituelles de ce chela et les règles
de base de l'enseignement d'Eckankar. Ce faisant, j'ai découvert
des informations troublantes qui ont remis en question la manière
dont je comprends Eckankar et ma foi dans sa doctrine. Au bout du compte,
j'ai dû choisir entre mon amour pour une personne (et une religion)
et mon amour de la vérité en tant que telle. Pour moi,
une seule solution s'imposait, je devais suivre la vérité,
où qu'elle me mène.
D'après
mes découvertes, la véritable histoire d'Eckankar est
différente de celle qui prévaut au sein des Eckistes.
J'ai été choqué d'apprendre que le long passé
attribué à Eckankar n'existe absolument pas. De fait,
qui aurait pu savoir que Gail Twitchell en personne, la femme de Paul
et cofondatrice d'Eckankar, avait déclaré voilà
plusieurs années qu'Eckankar était une supercherie et
que “ Paul avait tout simplement inventé ce machin d'Eckankar
” ? Confession étonnante mais qui explique son éloignement
d'Eckankar depuis lors. Qui aurait pu deviner que Paul avait littéralement
inventé toute une “ lignée de maîtres ”
et leur avait attribué un passé sorti de son imagination
avant de relater le tout dans ses livres ? Du fait de notre foi
et de notre imagination, nous leur avons attribué une existence
et ils sont devenus tout à fait réels pour nous dans notre
vie intérieure et extérieure, tout comme les enfants croient
au Père Noël et les chrétiens voient apparaître
Jésus. Et comment les Eckistes pourraient-ils savoir que la fonction,
le nom et le concept de Mahanta font partie intégrante de ce
à quoi Gail Twitchell faisait référence quand elle
a affirmé que “ Paul avait tout simplement inventé
ce machin d'Eckankar ” ? De plus, pratiquement tout le monde ignore
que vous-même l'avez admis dans des documents remis à
la cour dans le cadre du procès Darwin Gross contre Eckankar.
Par l'intermédiaire de vos avocats, vous avez admis qu'Eckankar
et ses doctrines — le Mahanta, une nécessité —
ont été “inventés, adoptés et utilisés
pour la première fois par Paul Twitchell” en 1965
; nous sommes bien loin des enseignements anciens auxquels font référence
le Shariyat et d'autres livres Eckankar.
La
première fois que j'ai lu la déclaration de Gail, je n'en
revenais pas. Je n'étais pas prêt à croire ce qu'elle
avait dit ni à comprendre pleinement toutes les implications
d'une telle révélation. C'est pour cela que j'ai recherché
des sources indépendantes prouvant ces assertions. Cependant,
plus je me plongeais dans l'histoire d'Eckankar — ce qu'a fait
Paul et la façon dont il l'a fait — plus j'ai fait de découvertes.
Ces découvertes étaient plus que choquantes, elles dépassaient
tout ce que j'aurais pu imaginer. Malheureusement, Gail n'avait pas
menti, et les preuves présentées dans Confessions
mènent à la même conclusion. Jamais je n'aurais
cru l'étendue des mystifications de Paul si je n'avais pas passé
plus d'une année à démêler l'écheveau
de mensonges dont il a entouré les vérités spirituelles
que contient Eckankar.
Confessions
montre à quel moment et de quelle façon Paul a inventé
le concept du Mahanta et d'où vient ce terme. Le livre indique
les quatre techniques que Paul a utilisées pour créer
les noms et les histoires de nombre de ses Maîtres Eck ainsi que
la source qu'il a plagiée ou à laquelle il a fait appel
pour créer ses écrits sur le Hu, la lumière bleue
du Mahanta et d'autres éléments de la doctrine d'Eckankar.
Mon ouvrage révèle également comment Paul a inclus
des avertissements non voilés et des “ malédictions
” dans son enseignement. Paul décrivait ainsi ce qui arriverait
à toute personne qui quitterait Eckankar ou contredirait le Mahanta,
bien qu'il ait lui-même admis que ceci n'était
qu'une tactique utilisée par les chefs spirituels pour intimider
leurs adeptes. Je le cite :
La
technique la plus ancienne pour s'assurer de la loyauté du
chela … est la peur. Ces menaces sont très courantes.
Elles sont généralement du genre : “
Si tu me laisses, tu seras prisonnier de l'astral et tu ne pourras
pas en sortir. “
Après
nous avoir indiqué de quoi nous méfier et souligné
le fait qu'il s'agit d'une technique “ des maîtres des mondes
inférieurs… ”, Paul inclut les avertissements suivants
dans ses propres écrits :
dans
le Shariyat-Ki-Sugmad, on trouve la phrase : “ Celui
qui quitte le chemin de l'ECK, ou refuse de le suivre, résidera
dans les enfers astraux jusqu'à
ce que le maître le prenne en pitié et le ramène
sur le chemin. ”
Confessions
montre comment Paul fait appel à cette technique en permanence
: il nous dit de quoi nous méfier, de façon à obtenir
notre confiance, puis il utilise lui-même le procédé
dénoncé auparavant. L'effet négatif de ces “
malédictions ” manipulatrices sur les Eckistes vulnérables
et confiants est visible dans de nombreuses sources Internet. Paul a
encouragé une confiance et un dévouement mystiques chez
ses adeptes tout en protégeant Eckankar par des menaces plus
ou moins subtiles. Ceci explique, en partie, le sortilège quasiment
magique, et souvent la peur, qui semble prévaloir dans la communauté
Eckankar. Car les Eckistes sont totalement convaincus, tout comme je
l'étais moi-même, de la véracité, de l'intégrité
et du caractère bienveillant des écrits de Paul Twitchell
et de la doctrine Eckankar.
Peut-être
que cette lettre ouverte aidera à dissiper le sortilège
suffisamment longtemps pour que les Eckistes parviennent à se
souvenir de la raison première pour laquelle ils ont été
attirés par cet enseignement. C'était parce que nous étions
à la recherche de la vérité et d'un chemin direct
vers Dieu. Et nous pensions les avoir trouvés. Notre objectif
n'avait jamais été de remplacer une religion douteuse
et un dogme paralysant par un autre, même s'il s'agit d'un dogme
réconfortant et bienveillant. Cette lettre ouverte ouvrira peut-être
les yeux des Eckistes, les incitant à lire Confessions
et à prendre en compte les preuves qu'ils y trouveront. S'ils
considèrent les faits de manière impartiale, ils pourront
décider de manière intelligente ce qui leur convient.
Mais, s'il y a quoi que ce soit dans Confessions que vous-même,
le Conseil ou l'équipe dirigeante d'Eckankar pensent être
faux ou inexact, je vous demande de bien vouloir le faire savoir. Voilà
longtemps que nous avons dépassé le stade où le
silence ou les avertissements à propos de la lecture de tout
ce qui pourrait remettre Eckankar en question peuvent suffire. Comme
l'a si souvent écrit Paul, bien que ceci ait été
peu suivi des actes, l'heure est venue de “ la vérité,
toute la vérité et rien que la vérité. ”
Suivre un enseignement basé sur des hypothèses dont on
sait qu'elles sont fausses est, selon moi, le pire des aveuglements.
Cependant, c'est une question de choix personnel. Je crois que toutes
les âmes ont l'obligation de s'entraider dans la recherche de
Dieu, si cette aide est la bienvenue. C'est dans cet esprit que j'ai
passé plus d'une année à effectuer des recherches
poussées et que j'ai écrit Confessions.
Alors
que je découvrais petit à petit le véritable Paul
Twitchell, j'avais du mal à concilier le côté trompeur
et manipulateur de sa personnalité et l'homme bienveillant, charitable
et sage qui a pu écrire un livre aussi beau que Stranger
by the River (L'étranger au bord de la rivière).
Puis j'ai découvert la réponse à ma question. Confessions
révèle que Paul Twitchell était un mythomane :
il trompait les autres mais se trompait aussi lui-même. Il ne
pouvait pas contrôler les impulsions qui le poussaient à
mentir et à élaborer des mensonges inouïs, mensonges
auxquels il croyait parfois ardemment. Et ces mensonges se comptent
par centaines. Il a même provoqué la colère de sa
famille. Après avoir lu la biographie de Paul, son beau-frère
a déclaré : “ Son livre est un tissu de mensonges.
La plupart des gens qui l'ont connu pensent que c'est un escroc. Tous
les membres de sa famille [proche] sont morts maintenant. Je suis désolé
d'apprendre qu'il y a des gens qui suivent aveuglement son enseignement.
” Son état psychologique est très important
pour comprendre la véritable histoire de Paul Twitchell et d'Eckankar.
Pour cette raison, Confessions y consacre un chapitre entier
très documenté, renvoyant à plus de soixante notes
en fin de livre. Ceci afin de révéler cette dimension
très apparente, mais jusqu'alors non reconnue, du fondateur d'Eckankar.
Toutefois,
malgré tout ce qui s'est passé et tout ce que j'ai découvert,
je ne ressens aucune animosité envers vous ni envers Eckankar.
Bien au contraire, j'ai reçu beaucoup d'amour et mon âme
a beaucoup appris grâce à cet enseignement. Mais ceci ne
veut pas dire que je dois me départir de mon bon sens et ignorer
les mensonges que Paul a utilisés pour corrompre cet enseignement
et tromper les centaines de milliers de chercheurs de Dieu qui sont
entrés en contact avec ses écrits.
Ma
vie a toujours été au service de la vérité
et de Dieu, ce que j'appelle désormais TOUT CE QUI EXISTE.
Je pensais que c'était ce que je faisais lorsque je servais à
Eckankar. Mais j'ai appris que, si les vérités que contient
Eckankar peuvent amener le chercheur jusqu'à un certain point,
elles ne peuvent pas lui permettre d'arriver au bout du chemin. Et ceci
parce que Paul a utilisé le concept du “ Mahanta ”,
qu'il a lui-même inventé, pour remplacer les conseils qui
ne viennent que de l'âme et de l'esprit. Dans son zèle
pour essayer de créer la plus “ vieille ”, la plus
“ grande ” et la plus “ haute ” religion au
monde, il a usurpé “ l'esprit ” et “ Dieu ”
lui-même en proclament que “ toute la puissance de Dieu
doit atteindre ces mondes par l'intermédiaire du parfait instrument
du Mahanta, le Maître Eck Vivant. ” Cette déclaration
est incroyable, surtout si on prend on compte le fait que cette religion
et ce titre ronflant sont apparus pour la toute première
fois en 1965. Paul a placé sa lignée de
trois Maîtres Eck entre l'âme et la réalité
de leur être. Tout le monde a besoin d'enseignants et de conseils,
mais l'âme ne peut pas parvenir au stade ultime de la conscience
tant qu'elle a besoin de quelconque intercesseur, que ce soit un mahanta,
un sauveur, un maître ou un messager. En vérité,
nous sommes tous des copies microscopiques exactes de l'UNIQUE et nous
avons accès à tous ses pouvoirs, car telle est notre nature.
Notre voyage vers une conscience supérieure consiste à
comprendre pleinement cette réalité, que l'on peut résumer
à l'aide de l'aphorisme suivant :
J'EXISTE,
DIEU EXISTE,
NOUS NE SOMMES QU'UN.
La quatrième partie de Confessions reprend cet axiome
et l'explique en détail. Cette sagesse apportera un peu de réconfort
à ceux que la confrontation avec la vérité a déçus.
Cette partie du livre décrit l'étape suivante, appelée
le Grand Travail, qui consiste à aider l'âme
à se rendre compte de sa part de divinité. Il s'agit de
libérer l'âme de toutes les formes de pièges spirituels
et de la glorification d'un intercesseur. Les sites Web, www.higherconsciousnesssociety.com/
et www.thetruth-seeker.com
ont été créés pour parvenir à atteindre
les objectifs du Grand Travail. C'est d'ailleurs ce
qu'Eckankar aurait pu devenir si Paul ne l'avait pas infecté
avec ses innombrables distorsions et élucubrations.
Peut-être
finirez-vous ce que vous avez entamé dans vos discours des années
80, lorsque vous avez commencé à révéler
la vérité sur Paul Twitchell. De toute évidence,
vous n'étiez pas allé assez loin. Au lieu de cela, Darwin
Gross et vous avez intégré la mythologie de Paul, vous
avez perpétué et renforcé ses mensonges. Je sais
combien il serait difficile d'éradiquer les mensonges qui entourent
Eckankar (mensonges décrits de manière détaillée
dans Confessions) et de supprimer les distorsions de la vérité
qui ont trompé les âmes. Je crois cependant qu'Eckankar
pourrait survivre à un tel processus. Il serait différent
de ce qu'il est aujourd'hui, mais aussi plus pur, afin d'accomplir ce
que doivent accomplir tous les chemins qui mènent à Dieu
: enseigner, donner un pouvoir puis libérer les âmes afin
qu'elles puissent vivre pleinement l'expérience de leur union
avec TOUT CE QUI EXISTE.
Confessions
invite tous les chercheurs de vérité, et Eckankar lui-même,
à se joindre à la mission du Grand Travail,
qui se consacre à la libération spirituelle, à
l'édification spirituelle et à l'autonomie spirituelle
de chacune des précieuses étincelles de Dieu.
Cordialement,
Ford Johnson